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TÉMOIGNAGES

Petites réflexions sur la danse verticale par Marion Soyer (danseuse de Retouramont) :

"Les notions d’espace, de volume, de lignes, de poids sont omniprésentes dans les danses au sol.
La pratique du baudrier, au travers de la danse verticale, concrétise ces notions comme des terrains d’expérimentation : un espace d’évolution en réelle 3D, en volume, un rapport au poids en lien direct avec la gravité, évoluer dans/sur différents plans (le mur devient un sol, chaque facette d’une structure en 3D peut devenir un sol), être finalement dans un environnement pluridimensionnel donnent à ces notions tout leur sens :

- les 2 pieds posés au sol, en appui, on apprend à créer du volume, à dessiner l’espace, à donner à voir des lignes au-delà de soi, à ne pas danser « à plat »
- le poids posé dans le baudrier, en appui sur une façade verticale, horizontale, oblique, le poids donné à la gravité, la capacité à donner à voir son propre volume, faire vivre le volume autour de soi, partout (les notions de sol, ciel, devant, derrière, sont tout autres puisque mouvantes en baudrier), la capacité à dessiner l’espace, à donner à voir des lignes au-delà de soi, est primordiale.

On ne peut pas s’inscrire en 2D dans un espace en 3D. c’est déjà vrai quand on danse au sol, mais en l’air, c’est encore plus flagrant : c’est une attention, une vigilance permanentes, qui de fait, enrichissent les qualités du danseur au sol, son rapport aux plans, aux directions, à son centre, aux nouveaux appuis qu’il peut solliciter, à la conscience de son corps, de son volume dans l’espace.

Le travail en baudrier est comme un révélateur des fondamentaux de la danse au sol ; fondamentaux qui eux-mêmes nourrissent la qualité de mouvement de la danse verticale."


Témoignage de Carole Lahille, danseuse

"C’est avec la compagnie Retouramont et lors d’un stage rencontre que
j’ai redécouvert la verticalité, et la danse aérienne.
En tant que danseuse contemporaine, je me suis intéressée à cette
compagnie qui développe et crée la danse dans une autre spatialité.
Ce travail a été pour moi une vraie révélation et une prise de conscience.

Travailler la danse dans une autre dimension m’a demandé de prendre
conscience de mon corps dans son intégralité. La gravité étant toujours
la même le poids est réparti différemment. Je dois alors trouver un
équilibre dans lequel je peux danser tout en étant dans une qualité de
détente et de relâchement. Ce qui n’est pas évident et demande d’être à
l’écoute de soi.

La façade investie est alors l’ancrage sur lequel on évolue. Il s’agit
alors d’un véritable partenaire de danse. Les sensations et les émotions
en hauteur sont démultipliées. L’espace aérien après l’avoir appréhendé
donne une sensation de liberté et d’expression aussi importante que si
j’étais au sol. Il y a aussi le côté magique d’être dans un espace
public ou il est d’ordinaire impossible de danser.

C’est un immense terrain de jeu dans un nouvel espace, qui me donne
l’envie de créer de chercher, et de m’exprimer. C’est aussi un travail
qui m’apporte énormément en tant que danseuse contemporaine. Je vais
tout faire pour essayer d’approfondir cette danse passionnante que je
trouve à la fois sensible et spectaculaire.

Merci beaucoup"